Bulwark
Bulwark - Certification Datadock

Le Parisien : “Oise : ici, on apprend à tirer et se défendre comme des pros”


Le 24 janvier dernier, Le Parisien Oise faisait sa une sur Bulwark. Découvrez ce reportage.

Le Parisien, par Patrick Caffin

Installée à Sérifontaine, la société privée Bulwark a ouvert un grand centre de formations à destination des vigiles et autres professionnels de la sécurité. À terme, elle espère attirer des membres des forces de l’ordre.

Un individu armé d’un couteau s’avance et menace un passant lorsque trois policiers municipaux, dont l’un est accompagné d’un chien, interviennent. En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, l’agresseur est neutralisé et menotté.

Cette scène, qui s’est déroulée jeudi à Sérifontaine, est une fiction, une démonstration orchestrée par Bulwark, une société spécialisée dans la sécurité qui vient d’ouvrir un centre de formation qu’elle décrit comme « unique en France ».

À l’origine du projet, un ancien officier de sécurité du Premier ministre

À l’origine de ce projet, Frédéric Ferron, policier pendant 25 ans, puis officier de sécurité du Premier ministre et de différents présidents étrangers. « Nous proposons des enseignements de haute technicité qui permettent de faire face à toutes sortes de situations très proches de la réalité », souligne-t-il.

Sérifontaine. Un appartement permet notamment de simuler une prise d’otage. LP/Patrick Caffin
Sérifontaine. Un appartement permet notamment de simuler une prise d’otage. LP/Patrick Caffin  

Sa cible ? Les agents de sécurité mais aussi des gendarmes, des policiers municipaux et nationaux et même des militaires. « L’intérêt est de s’entraîner et de travailler ensemble pour échanger et progresser, poursuit le responsable. C’est pour cette raison que je voulais créer un centre. »

Pour devenir agent de sécurité, en partant de rien, comptez cinq semaines et 1780 €. Les formations de secouristes en entreprise, elles, sont facturées 240 € sur deux jours. Les « clients » peuvent venir directement, être envoyés par Pôle emploi ou leur entreprise.

Deux stands de tir, un village de combat, un parcours commando, un chenil

L’ex-policier a donc trouvé son bonheur à Sérifontaine, dans les anciens ateliers de l’usine Tréfimétaux, fermé depuis 2009. « J’ai visité énormément de sites et celui-ci correspondait à ce que je recherchais, déclare-t-il. Nous avons un terrain de 14 000 m 2 avec un bâtiment de 4500 m 2. »

S’y trouvent deux stands de tir, un village de combat, un espace Close quarters battle (CQB, combat en espace restreint), un dojo, un parcours type commando, un parcours stress, un appartement pour les mises en scène, une salle dédiée au secourisme, six salles de classe et un dortoir de 30 lits.

Sérifontaine. Des formations à l’interpellation d’individus violents en milieu ouvert sont dispensées. LP/Patrick Caffin
Sérifontaine. Des formations à l’interpellation d’individus violents en milieu ouvert sont dispensées. LP/Patrick Caffin  

« À l’extérieur, nous avons un chenil capable d’accueillir 12 chiens, complète Frédéric Ferron. L’opération représente un investissement de 2 millions d’euros. » Aujourd’hui, Bulwark emploie cinq salariés en CDI. Les formateurs sont en free lance et viennent dans l’Oise animer les stages.Newsletter OiseChaque matin, l’actualité de votre département vue par Le ParisienVotre adresse mail est collectée par Le Parisien pour vous permettre de recevoir nos actualités et offres commerciales. En savoir plus

C’est le cas de Rémi, 35 ans. « J’ai raccroché l’an dernier après 15 ans dans les forces spéciales, explique-t-il. C’est un super projet et c’est un plaisir de retrouver d’anciens collègues pour enseigner à d’autres ce que nous savons faire. »

Pour le moment, Bulwark semble principalement séduire des agents de sécurité, en témoignent les formations programmées ces prochains mois. Juste un début pour Frédéric Ferron, qui annonce avoir signé « un partenariat avec un ministère ». D’autres seraient en négociation.

Des policiers nationaux circonspects

« Nous sommes la seule société en France à proposer sur un même site des formations certifiées, théoriques et pratiques aux métiers d’agent de prévention et de sécurité (APS), d’agent de sécurité cynophile (ASC) et d’agent de protection physique des personnes (garde du corps). »

De plus, « nous devrions bientôt être agréés pour les métiers d’agent de surveillance spécialisé (tonfa, lacrymo), agent de surveillance renforcée (arme de poing) et agent de surveillance sur sites sensibles (fusil d’assaut et arme de poing) ». Le coût de la formation varie entre 280 € la journée et 1000 € les deux jours.

Frédéric Ferron, le responsable du site, a été policier pendant 25 ans. LP/Patrick Caffin
Frédéric Ferron, le responsable du site, a été policier pendant 25 ans. LP/Patrick Caffin  

Du côté des forces de l’ordre, dont des représentants sont venus visiter le site, les avis divergent. Malgré « la qualité des prestations et des infrastructures », tous ne sont pas convaincus. Les gendarmes de la brigade du Coudray-Saint-Germer, eux, se sont montrés « intéressés », même si « la décision d’un possible partenariat ne leur appartient pas ».

Les policiers formateurs de la BAC de l’Oise, en revanche, ont été plutôt circonspects. « Tout est très codifié chez nous, expliquent-ils. Pour valider une formation, il faut des instructeurs de la police nationale. Il est impossible de former des policiers de la BAC ici. Après, on peut toujours se revoir pour discuter. »

Sérifontaine. Aucune arme n’est stockée sur le site. Bulwark travaille avec un armurier agréé. LP/Patrick Caffin
Sérifontaine. Aucune arme n’est stockée sur le site. Bulwark travaille avec un armurier agréé. LP/Patrick Caffin  

Un discours déjà entendu par Frédéric Ferron. « Notre démarche est difficilement audible par tous, reconnaît-il. Il ne s’agit pas de se substituer aux formations proposées par l’Etat mais d’être complémentaires. J’ai d’ailleurs été interpellé par plusieurs policiers qui m’ont demandé à venir se perfectionner chez nous. »

Bientôt des formations pour les policiers municipaux de Beauvais ?

Les élus, eux, sont conquis. Franck Pia, adjoint au maire de Beauvais, imagine déjà y envoyer les policiers municipaux beauvaisiens, armés depuis peu, en formation. « J’en parlerai à leur responsable, assure-t-il. J’ai vu comment l’individu a été désarmé sans que les policiers n’usent de leur arme, c’était impressionnant. On peut toujours s’améliorer. »

Patrick Thibaut, maire (SE) de Sérifontaine, y voit surtout un intérêt économique et espère que « le centre tournera à plein régime pour doper l’activité » dans sa commune.