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À Bordeaux, la manifestation réprimée dégénère fortement


À Bordeaux comme chaque semaine, la manifestation avait débuté dans le calme et la bonne humeur. Les “gilets jaunes”, encore plus nombreux cette semaine, ont déambulé dans le centre ville, qui avait fermé ses portes. Les commerçants avaient préféré tiré leurs rideaux de fer. Pourtant, à l’approche de l’emblématique place Pey-Berlan, qui abrite l’hôtel de ville, théâtre des affrontements de la semaine dernière, la tension est tout de suite montée d’un cran. Les CRS postés ont immédiatement voulu repousser les manifestants qui ne montraient pas de signe d’affrontements, à haute dose de grenades lacrymogènes. Si nombreux ont fait demi tour, beaucoup de “gilets jaunes” étaient équipés de masques et lunettes de protection. Ils ont réussi à rester sur place.
Les affrontements ont alterné entre jets de Flash-Ball et grenades lacrymogènes, que les manifestants relançaient ensuite sur les forces de l’ordre. Des face-à-face interminables, dans une fumée épaisse et indigeste. Dès le milieu d’après-midi, des blessés étaient évacués, certain gravement touchés. 
Stéphane, 48 ans, regarde les heurts de loin. À quelques mètres seulement se trouve sa librairie-café, “les mots bleus”. Voyant la situation dégénérer vers 15h, il a fermé son magasin, avec ses employé à l’intérieur. “J’ai eu peur, nous nous sommes confinés dans la boutique”. C’estbien plus violent que la semaine dernière, car cette fois-ci, les affrontements ont lieu partout autour de la place. La semaine dernière, c’était juste derrière la mairie.” explique-t-il. Autour, les gaz volent de toute part.
François, lui, entend Stéphane, et hausse le ton : “On n’a pas le choix” commente-t-il. “C’est triste que ça dégénère comme ça, mais regardez, on a été gazé dès le début alors qu’on ne faisait rien !. Tous s’accordent à dire que la situation a dégénéré “plus vite que la dernière fois. Là, c’est plus grave”. “C’est pas fini, on risque d’avoir d’autres samedis comme ça”, conclut Stéphane, les yeux rougis.
En début de soirée, des “gilets jaunes” ont quitté la place Pey-Berlan pour se rendre dans d’autres secteurs du centre-ville comme place de la Bourse, ou cours Alsace-Lorraine, pour continuer à manifester.